CABOU

Le temps nécessaire

(samedi 16 janvier 2016)

Faisant corps avec le sol
tous membres écartés
il décrypte les nuages
de l’enfance amoureuse
pulsations primitives

Et le ciel, j’te dis bien l’ciel, ouine !
V’la donc le ciel qui baragouine :
Bis

« Comment, mais, comment oses-tu ?
De quel droit te permets-tu ? »
Bis

Encore plus seul, au milieu du monde,
Du haut de ses huit ans.

On lui déclare, trahison immonde,
Une guerre de cent ans.

+ - + - + - + - + - +

Pas sauvage pour un clou
il s’écarte aussi parfois
pour rechercher le vide
espace, lenteur, silence
tout ce qui n’est pas rien

Et un troupeau de vieux bavards,
Débarque là, comme par hasard :
Bis

« Quel message, dis-moi, donneras-tu ?
Quel visage, hein ? porteras-tu ? »
Bis

Au collège, chez ses parents, dans la rue,
Il tente de fuir ce zoo.

Redoutant d’être bouffé tout cru
Par la goule des réseaux.

Passe le temps nécessaire
pour qu’enfin s’accordent
plaisir et labeur utile
patiente construction
à force de volonté

Et tombe la scie, tel un vinyle rayé
Qui n’en finit plus de bégayer :
Bis

« Sur quel modèle t’appuies-tu ?
De quel marché dépends-tu ? »
Bis

Les prêches de la croissance morbide
Ne lui font ni chaud ni froid.

Ces mystiques guidés par leur bolide
Trouveront d’autres proies.