CABOU

Les cariatides

(samedi 24 mai 2014)

Des deux rives de l’océan,
l’empire comble les abysses
du monolithe d’OTAN.
Embarqué dans la matrice,
le continent vibre et se lézarde,
jusqu’à ce qu’il se perde,
comme en Bretagne, saturée de merde,
jusqu’à la garde.

Refrain :
Digues & douves
protègent les promesses
demi séculaires
de nos aïeux.
Douceurs angevines
s’y reflètent
en cariatides héroïques
d’un monde dévasté.

Monnaie forte : foutu bastion !
Pour séduire les investisseurs ?
Pour que les agences de notation
renvoient l’ascenseur ?
Sauf que cette monnaie unique
rime avec ruine du service public,
territoires disloqués, maltraités,
territoires, décharges à traités.

Refrain

Pour larguer leur camelote,
les as du marketing communautaire
n’hésitent pas à baisser leur culotte,
exhibant l’icône d’un monde sans guerre.
Sauf que, pour le monde du travail,
marché unique rime avec coup de trique :
chômage, baisses salariales,
& fin de la sécurité sociale.

Refrain

Dans la famille
touchez ma bosse monseigneur
je demande : parole d’expert !
Et alors là, tout devient clerc.
Va vous expliquer, le professeur,
comment ça fourmille :

Accepte le sort auquel on te destina
et, de toutes façons, TINA.
Au charme des marchés, monnaie, Monnet
pour toi ce sera 3 % mon minet !
Règle d’or & compétence,
barbaque & concurrence,
main-d’œuvre doit se taire
devant la nécessité budgétaire,
tranche le déficit & débite la dette,
rassure les rats en raclant les retraites !

Tant de sacrifice de Bruxelles ma belle,
qui, elle non plus, n’a rien demandé,
que surgissent de partout
ces hordes réactionnaires,
ferment putride à poubelles.
Peuples ivres du charme faisandé
de tel folklorique manitou,
de tel gourou autoritaire.

Main dans la main, patrons et salariés,
tous figurants d’une opérette grotesque,
au garde à vous, sous le même drapeau
fétide de l’union sacrée.
Mais s’ils sont massacrés,
ces peuples qu’on met au dépôt,
c’est à cause de l’appétit titanesque
de cette clique transnationale de boursiers !

Sauce grecque, française ou espagnole,
On en a marre d’être cuisinés.
C’est toujours les mêmes
qui tiennent la casserole,
C’est toujours les mêmes
qui se font sauter !
Alors voilà : on va changer les rôles
Et leur dette ils pourront s’la bouffer.

De Maastricht à Lisbonne
Vous nous avez pris pour des connes
il se pourrait bien qu’on soit lionnes