CABOU

Sans se mentir

(dimanche 2 novembre 2014)

Regarde donc cette cruche tripoter son tricot.
Ne trompe qu’elle-même en construisant ce tacot.

Reine soumise au retour de son homme,
Alors que l’autre s’envoie en l’air chez les Troyens,
S’enfile un cyclope et allume les sirènes !

On pourra toujours ne pas se leurrer,
Enfin, s’le dire, histoire d’se marrer,
Rares sont ceux qui respirent sans se mentir

À ce que tu m’en dis, tu ne serais pas le dernier des manchots.
T’insistes tant que tu passes pour le roi des machos.

T’aimes bien t’la jouer, potards à fond les gamelles
Mon gars, ya pas, tu tiens le crachoir et t’as du chien !
Mais la vraie vie, faudra repasser. Ce n’est pas ton thème.

On pourra toujours ne pas se leurrer...

Reyban, tribal tatoo, une demie-douzaine d’anneaux
Faut bien ça pour faire chic sans être parano !

Diction impeccable, pupille dilatée, rictus narquois
Bah quoi ? C’est nous ! On tient la ligne, teuf teuf...
Jusqu’aux charentaises, cerveau ruiné par l’addiction.

On pourra toujours ne pas se leurrer...

Qui est-ce donc ? De quelles vies ? De quelles troupes ?
Il chevauche son temps à l’envers, front par dessus croupe.

Rôde-t-il là pour dénicher quelques fantômes ?
Ce fantoche aux ordres d’un pays qui n’existe pas ;
Pays qui pue l’ail et la mortadelle, sinistre maraude.

On pourra toujours ne pas se leurrer...

Toi, moi, tous, on s’abuse du plus futile prétexte.
Mauvaise fois brandie, sans honte, au nom de tel contexte.

L’âme humaine jette son dard, à fleur de détail.
Faut faire avec ici ; ailleurs, hier, demain.
Mieux vaut l’savoir et ne pas s’prendre le réel comme une lame.

On pourra toujours ne pas se leurrer...